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Laval, le 5 novembre 2015 – Le savoir-être, l’argent, l’ambition et les perceptions ont été au cœur des propos et des discussions tenues le 4 novembre dernier lors du Colloque « L’Entrepreneuriat au Féminin » organisée par Femmessor Laval en étroite collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Laval. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes afin d’entendre les différents points de vue et expériences partagées par les 15 personnalités invitées.

D’entrée de jeu, l’animatrice Marie-Claude Lavallée a questionné les panélistes sur les éléments distinctifs des femmes entrepreneures en relation avec les hommes. Il semble que le passage à l’action ne soit pas évident chez les entrepreneures mentionne, Rina Marchand de la Fondation de l’entrepreneurship. Les nombreuses entrevues réalisées auprès des femmes entrepreneures démontrent qu’elles assument plusieurs rôles dans leur vie, rôles qui se présentent ensuite comme des défis pour propulser leur carrière, indique Hélène Lee-Gosselin de l’Université Laval. Hubert M. Makwanda, président de Concilium Capital Humain renchérit sur ses propos et fait remarquer à l’auditoire que ces comportements proviennent bien souvent de l’éducation reçue, mais que nous sommes en mesure de les changer. Les femmes et les hommes entrepreneurs n’ont pas les mêmes indicateurs de réussite pour leur entreprise. Les femmes vont évaluer le plaisir à réaliser leur mandat, la qualité des relations avec les fournisseurs, les employés et les clients. Les profits de l’entreprise sont un moyen de mieux faire ce qu’elles font plutôt qu’une fin en soi.

Les finances, un sujet tabou ? Mariouche Gagné de Harricana croit que le malaise n’est pas lié qu’à la réussite des femmes, mais bien à la réussite tout court. Vouloir tout n’est pas bien vu dans la société. La chef de l’exploitation de Desjardins entreprises, Marie-Claude Boisvert, encourage les entrepreneures à foncer. « Allez chercher un oui » lorsque vous êtes en recherche de financement. L’approche est complètement différente entre une femme et un homme lorsqu’il est question de se « marketer » et de négocier un salaire. Sylvie Juneau, directrice recrutement chez Half Finance et comptabilité, explique que les entrepreneures ont tendance à se contenter de ce qu’elles ont et à se culpabiliser plutôt que de mettre en valeur leurs bons coups comme les hommes le font.

La portée du Web et des médias sociaux a fait l’objet de discussions durant le troisième panel de la journée. Les raisons qui poussent les entreprises à aller sur le Web sont multiples : notoriété, recherche de clientèles, visibilité, contacts directs et profilage du consommateur. Géraldine Martin, éditrice adjointe et rédactrice en chef du Groupe Les Affaires, mentionne que le Web est un outil de mesure très efficace pour connaître leur lectorat et être en mesure de leur fournir des contenus pertinents. Aujourd’hui, il faut anticiper les tendances et être en veille constante sur les nouveaux moyens de communiquer. Selon Danielle Déry, présidente de Perlimpinpin, il ne faut pas hésiter à s’entourer de gens détenant des expertises spécifiques pour rendre l’expérience du Web pertinente et rentable pour l’entreprise. Avoir un site Web et l’optimiser ne doit pas être considérer comme une dépense, mais bien comme un investissement dans son entreprise.

L’ambition féminine a été au cœur des discussions du quatrième panel sur lequel se trouvait Isabelle Marcoux, présidente de Transcontinental, Robert racine, associé chez Kenniff & Racine et Mélanie Kau, une entrepreneure chevronnée. L’ambition a été définie comme le dépassement de soi, le désir de réussir, mais aussi de le faire pour le bien commun. L’humilité et l’authenticité ont été identifiées comme des caractéristiques nécessaires à un être ambitieux. Les femmes entrepreneures doivent arrêter de s’excuser. Elles doivent changer leur langage qui les minimise et freine leur ambition, explique Mme Marcoux. Mélanie Kau apporte toutefois une nuance importante : ce n’est pas seulement une question d’ambition, mais aussi de choix. D’où l’importance d’identifier et de considérer les intérêts personnels des candidats qui se présentent à eux. Les panélistes s’entendent pour dire que les perceptions liées à l’entrepreneuriat masculin et féminin doivent être contrées et que même si cela peut sembler difficile à gérer, la satisfaction que procure l’ambition en vaut le coup.

La dernière table ronde de la journée était sur la place des femmes dans les conseils d’administration. Louise Champoux-Paillé, présidente du Cercle des administrateurs de sociétés certifiés a partagé avec l’auditoire son récent constat plutôt décevant quant aux efforts des entreprises à encourager la parité au sein de leurs conseils et comités. Elle reste tout de même optimiste pour les prochaines années, bien que cela s’annonce comme un long parcours. Nathalie Francisci, associée chez Odgers Berndtson, précise toutefois que l’effort doit également être fait du côté des femmes qui ne sont souvent pas là lorsque les opportunités se présentent à elles. Pour le directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques, la solution se trouve peut-être ailleurs. Il faut faire ne sorte de sortir des hommes des conseils d’administration. Les comités de gouvernance devraient tous se doter de politiques pour évaluer les performances des administrateurs et veiller à ce que ceux-ci se renouvellent et face une place à la diversité. À la question, pourquoi vouloir des femmes et de la diversité sur des conseils d’administration, Mme Champoux-Paillé répond que c’est une question de représentation de la société et que les femmes, étant de plus en plus formées pour occuper des postes de hauts dirigeants, sont une véritable force économique dont on ne peut se passer aujourd’hui.

C’est sur ces propos évocateurs que s’est conclue cette première édition du Colloque sur l’entrepreneuriat féminin juste avant d’accueillir le maire de Ville de Laval, M. Marc Demers, qui s’est adressé à un auditoire éveillé alors qu’il était entouré de ses élues municipales. La groupe a ensuite participé à un cocktail-réseautage où les discussions ont été déterminantes, espérons-le.

La Chambre vous invite à rester à l’affût de l’édition février 2016 du MAG dans lequel vous trouverez un dossier complet sur l’entrepreneuriat et le leadership féminin.

 

 

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